LES ARTISTES INVITES

 

Notre invité international pour cette année sera : les Scénographies Urbaines, qui promettent de rapatrier avec eux une quinzaine d’artistes contemporains.

 

Les Scénos Urbaines sont un dispositif de collectif, associant ScU2 (François Duconseille & Jc Lanquetin) et un collectif / association inscrit artistiquement dans la ville où se déroule la résidence : ici l’Association Quatre Chemins, Guy Régis Jr et son équipe. Nous coréaliserons ensemble une résidence internationale d’une durée d’un mois environ, ancrée dans les espaces urbains d’un quartier, rassemblant une vingtaine d’artistes venus d’une quinzaine de pays, tout particulièrement du continent africain, mais aussi de la Caraïbe et d’Amérique du Sud. Tous vivront sur place et travailleront en interaction forte avec cet environnement pendant quatre semaines. La résidence se clôturera par une série d’événements dans les rues et places, les cours et maisons, qui prendra ici la forme du temps fort final de l’édition 2015 du Festival.

 

Les artistes invités sont : Marcello Armani (Brésil), Catherine Boskowitz (France) // Boyzie Cekwana (Afrique du Sud) // Steven Cohen (Afrique du Sud) // Enrique Diaz (Brésil) // André Eugène (Haiti) // Marcel Gbeffa (Bénin) // Anahita Heckmat (Iran – France) // Androa Mindre Kolo (Rd Congo) // Mega Mingiedi (Rd Congo) // Nastio Mosquito (Angola) // Andreya Ouamba (Congo Brazzaville – Sénégal) // Scu2 > François Duconseille & Jc Lanquetin (France) // Sello Pesa (Afrique du Sud) // Jean Eddy Remy (Haiti) // Béatrice Santiago Munoz (Porto Rico) // Nina Stottrup Larsen (Danemark – Hollande) // Jordi Colomer (Espagne) // Dominique Zinkpé (Bénin) // (En cours).

 

L’enjeu est de produire un événement d’art contemporain exigeant dans un contexte urbain donné, à destination de tous. Les propositions des artistes invités – les médiums sont multiples - prennent en compte de manière consistante le contexte urbain proposé ainsi que les enjeux d’une adresse et de sa réception par un public local. Les Scénos sont un dispositif qui va au devant des publics : les gens, les habitants d’un quartier, le public ‘quelconque’, et qui ainsi interroge les formes dominantes de visibilité de l’art contemporain actuel. Les projets sont fortement liés à leur contexte de production et de diffusion ; c’est notamment dans les moments d’intensité en termes de réception des propositions d’artistes - probablement ce qui est le plus palpable et le plus singulier durant les événements qui clôturent les résidences - que les Scénos s’articulent à des enjeux sociétaux, à des manières de vivre au quotidien. Les résidences génèrent des propositions aux formats multiples qui vont d’une part d’invisibilité à la plus spectaculaire des propositions performative, théâtrale. C’est cette tension entre les formes d’inscription de pratiques artistiques et leur contexte qui fait la dimension ‘scénographique’ du projet. 7 Festival 4 Chemins, édition 2015 - Présentation

 

Si l’art contemporain est un espace générant de multiples formes expérimentales et singulières de compréhension du monde dans lequel nous vivons, alors il nous importe que ces lectures, ces points de vue, ces approches, leurs manières d’explorer, d’interroger soient données à recevoir, à entendre, à lire, à voir, à ressentir, par les gens, les passants. Par tous. C’est dans cette tentative que réside l’essentiel du projet des Scénos Urbaines.

 

L’histoire du Festival des Quatre Chemins est principalement théâtrale, mais le choix de Guy Régis Jr est de l’ouvrir plus largement aux pratiques performatives et à la diversité de la création contemporaine. La question clef sera donc celle de la théâtralité, au delà des conventions du Théâtre, de la scène, et de leur persistance. La pratique des artistes invités est performative, dansée, sonore, photographique, d’installations, textuelle, contée, etc. Leur poser la question du ‘théâtre’ est une manière d’interroger la notion, sa pratique, ses lieux et espaces, son histoire, ici dans le contexte de Port au Prince – Haïti, mais aussi au delà : les villes - particulièrement les villes émergeantes - sont probablement aujourd’hui les principaux espaces de théâtralités contemporaines. C’est aussi le territoire de prédilection des Scénos qui se sont construites depuis 2002 à Douala autour d’un principe d’inscription fort dans l’urbain, manière d’en pousser les potentialités en termes de geste artistique. La théâtralité a toujours été sous jacente au projet, du fait aussi de l’importance de la relation aux publics. Nous choisissons ici de l’interroger explicitement.

 

Cette édition des Scénos Urbaines (la huitième en 12 ans, après Douala, Alexandrie, Kinshasa, Johannesburg, Paris, Dakar et St Denis de la Réunion) est porteuse d’enjeux nouveaux. Jusqu’ici les artistes ont produit des propositions dont l’impact dans le quartier lors des multiples événements publics résonnait avec les enjeux du projet, en particulier la relation aux habitants. Nombre de ces formes sont ensuite devenues des pièces abouties, exposées dans les réseaux de l’art contemporain. Ici, du fait de l’invitation faite aux Scénos par le Festival des Quatre Chemins, nous souhaitons donner aux artistes la possibilité de pousser plus avant leurs recherches ainsi que la relation au contexte en leur donnant un cadre de production plus substantiel et un temps de présence sur place plus long, tout en conservant une dynamique de résidence ancrée dans un environnement urbain. Jean-Christophe Lanquetin et François Duconseille, cofondateurs de ScU2 et commissaires pour les Scénos Urbaines 8 Festival 4 Chemins, édition 2015 - Présentation

 

Un journal // catalogue en temps réel. Chaque résidence s’accompagne de la publication d’un journal diffusé à un grand nombre d’exemplaires dans le quartier, principal élément de la relation entre les gens et le projet. Ce processus, porté à Dakar 2012 et à St Denis de la Réunion 2013, par le collectif Bitcaves (Amsterdam, voir présentation des artistes), sera réédité à Port au Prince. A Dakar, il s’agissait d’un journal croisant des annonces faites par les gens du quartier, avec celles relatives au festival. Calqué sur un format de journal existant, il était tiré à 10 000 exemplaires et visait une diffusion aussi large que possible. Le journal de Dakar est visible ici : http://www.eternalnetwork.org/scenographiesurbaines/fichiers/_dakar2_25315_OUAKAMJOURNAL.pdf A Port au Prince, nous y ajouterons un cahier central, sur le modèle des magazines insérés dans le journal. Son contenu, élaboré durant le temps de la résidence, sera construit autour de l’idée d’un catalogue. Ce projet sera piloté par Dominique Malaquais (voir présentation des artistes). Deux pages du journal des Scénos publié à Dakar // Bitcaves, Nina Stottrup Larsen & Femke Herregraven 9 10 Festival 4 Chemins, édition 2015 - Présentation